L'article paru sur lamontagne.fr:
Guide haute-montagne et spécialiste de l'héliski, Patrick Monzat, un Corrézien de 58 ans, a perdu la vie, mardi, dans le massif du Mont-Blanc.
Laurent Derne «Patrick nous a quittés le 17 juin en se rendant au refuge du Goûter. Il est parti dans son univers préféré ». En forme d'hommage, le site web de « Passion montagne » s'orne de plusieurs photos de Patrick Monzat. Originaire de Malemort, où vivent encore sa maman et son frère, ce guide de haute montagne de 58 ans, est décédé, mardi, vers 17 heures, dans le massif du Mont-blanc, alors qu'il redescendait en direction de la vallée, en compagnie de deux clients canadiens. « C'était sa première sortie estivale. Il y avait un peu de brouillard, mais il n'a pris aucun risque. Il a fait un malaise ou une rupture d'anévrisme avant de dévisser sur près de 400 mètres », soupire sa compagne, Paule, qui partageait sa vie depuis une dizaine d'années. Encore sous le choc de cette disparition brutale, cette Lyonnaise brosse le portrait d'un homme passionné. « Ses parents lui avaient offert un stage en montagne, dans le Vercors, me semble-t-il, lorsqu'il avait quinze ans. C'est ce qui a décidé de sa vocation ». Engagé à 18 ans après l'obtention à Brive d'un CAP de tourneur, cet ancien élève de l'école militaire de haute montagne a quitté l'armée après quinze ans pour créer sa société à Chamonix de guide indépendant. « Il pouvait emmener des clients tous les jours en hiver. C'était un spécialiste de l'héliski », précise Paule. L'endroit où Patrick Monzat a perdu la vie n'était « ni dangereux, ni un passage à risque ». « Il se trouvait à peine à 300 mètres de dénivelée du refuge. En une heure, ils y étaient », enrage celle qui partageait ses sorties à ski, ses virées en moto et ses sorties plongée. « Nous devions bientôt partir au Mozambique. Il disait souvent : "Quelle vie j'ai eu". Une vie riche, intrépide ». La cérémonie funèbre aura lieu aujourd'hui, à Annecy. Dans quelques jours, Paule grimpera dans un hélicoptère, direction les plus hautes cimes du Mont-Blanc. « Pour Patrick, elles symbolisaient la liberté, celle qui l'attirait, son défi ». Elle y dispersera les cendres de son compagnon. « On plaisantait souvent sur ce sujet », se désespère-t-elle. L'heure est désormais aux larmes. Et au recueillement.


